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Budget provincial 2010

Les réactions face au budget du gouvernement Charest pour l’année 2010 sont plutôt mitigées. En effet, le plan de redressement proposé par le ministre Bachand favorise les plus nantis au détriment de la classe moyenne et se traduit par une hausse quasi-généralisée des taxes et tarifs. Ce budget, qu’on qualifie comme étant de droite, a pour objectif de s’attaquer à la dette de la province qui s’élève à 161 milliards de dollars et représente 53% du PIB québécois. Ce cumul, selon le ministre des finances, est dû aux investissements antérieurs dans les infrastructures et dans la sphère de l’éducation, notamment. L’article qui suit mettra donc en lumière les faits saillants du budget annuel, plus particulièrement en ce qui a trait à l’environnement, à la santé et à l’éducation.

Démographie

Le Québec fait face à une problématique de taille : le vieillissement inévitable de la population qui le compose. Au rythme actuel, on prévoit qu’il n’y aura qu’un seul travailleur pour subvenir aux besoins de deux retraités en l’an 2031. Les services publics seront, par conséquent, financés par un nombre restreint de contribuables et, bien entendu, les coûts que ces services engendreront seront considérablement augmentés. C’est en considération de ce facteur non négligeable que le gouvernement Charest a opté pour une complète révolution budgétaire, une révolution de la culture économique québécoise.

TVQ

La taxe de vente sera augmentée à raison de 1% l’an en 2011 et 2012, ce qui portera la TVQ à 9,5%! Cette hausse se traduira par un profit de trois milliards de dollars pour le gouvernement provincial, mais risque fort bien de diminuer le pouvoir d’achat des familles à faible revenu et de ralentir la consommation : beaucoup de Québécois pourraient remettre à plus tard l’achat d’une voiture neuve! Certains critiquent cette mesure et auraient préféré que le gouvernement opte pour une taxation plus sélective (sur les biens de luxe, par exemple), tel qu’on le voit en Europe.

Développement durable et industrie verte

Sur le plan du développement durable, le gouvernement Charest a fait la promesse de réduire de 20% les émissions de gaz à effets de serre au Québec d’ici 2020. Le budget du ministre Bachand semble tenir compte de cet engagement : une hausse du prix du carburant de l’ordre d’un cent le litre par année pour 2011 et 2012. Les villes de Montréal et de Québec bénéficieront, quant à elles, de la possibilité d’augmenter le prix du litre d’essence de 2,5 cents l’an. Les environnementalistes demeurent toutefois insatisfaits : si le Québec n’investit pas davantage dans l’industrie verte, il risque de passer à côté de grandes opportunités d’affaires, notamment en ce qui concerne le commerce de l’automobile électrique.

Contribution santé

En ce qui concerne la santé, le gouvernement Charest, de par l’instauration de la « contribution santé », met le cap vers un système de santé à deux vitesses. Ce nouvel impôt sur la santé, tel que le qualifie l’Action démocratique du Québec, coûtera 25,00$ aux contribuables québécois pour l’an 2010, 100,00$ pour l’an 2011 et finalement, 200$ pour l’an 2012. Le budget a cependant prévu un « crédit d’impôt pour la solidarité » pour les familles ayant un revenu annuel inférieur à 30 000,00$. Ce crédit permettra de pallier, en partie, aux difficultés financières que cela pourrait occasionner pour les foyers les plus démunis.

Éducation

Pour ce qui est du domaine de l’éducation, le gouvernement a effectivement prévu une hausse des frais de scolarité, mais cette  augmentation ne doit pas avoir lieu avant 2012. La FEUS est d’avis que cela n’est pas la bonne solution. En effet, devant les besoins criants du Québec en termes de main-d’œuvre qualifiée et face à la forte compétition internationale, réduire l’accessibilité aux études constituerait une grave erreur de la part du gouvernement et ce, pour l’entièreté de la nation québécoise. Le sous-financement des universités est un problème réel qui est en grande partie attribuable aux coupures dans les transferts fédéraux de 1994. Les étudiants n’en sont pas responsables et n’ont pas les moyens de payer la facture!

En conclusion, le gouvernement Charest, par l’entremise de son budget, aura pallié à ses erreurs de gestion en puisant à même les poches des contribuables. Un total de 31% de l’effort en vue du retour à l’équilibre est exigé de la part des particuliers. Si le gouvernement estime qu’il contribue, de son côté, à 62% de cet effort, il faut garder en tête que ce sont les Québécois, dans leur ensemble, qui souffriront de la diminution des services publics…

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